Rien n’était touchant comme l’empressement du peuple autour de Jeanne. C’était à qui baiserait ses mains ou ses vêtements, à qui la toucherait. On lui présentait les petits enfants pour qu’elle les bénît, les chapelets, les images saintes pour qu’elle les sanctifiât en les effleurant de la main. Et l’humble fille repoussait avec grâce ces marques d’adoration, plaisantant doucement les pauvres gens sur leur crédulité en son pouvoir. Mais elle demandait quel jour et à quelle heure communiaient les enfants des pauvres, afin d’aller communier avec eux.
Sa pitié était pour tous ceux qui souffraient, mais sa tendresse était toute pour les petits et les humbles. Elle se sentait leur sœur, sachant qu’elle était née d’un d’entre eux. Lorsque plus tard on lui reprochera d’avoir toléré sette adoration de la foule, elie répondra simplement :
“Beaucoup de gens me voyaient volontiers, et ils me baisaient les mains le moins que je pouvais; mais les pauvres gens venaient volontiers à moi parce que je ne leur faisais point de déplaisir.”